Le geste du mois #9 : je diversifie mes repas
Pour lutter contre l’uniformisation imposée par le modèle agro-industriel et pour favoriser les économies locales et de nos régions
Nouveau mois, nouveau geste ! Et si on commençait ce mois de novembre par un petit défi ? Rendez-vous dans votre supermarché préféré, choisissez un rayon de votre choix et examinez-le attentivement, regardez bien les différents produits proposés, l’agencement des produits, les emballages, la composition des produits. Rendez-vous ensuite dans une autre enseigne de supermarché et refaites le même exercice dans le même rayon… Que remarquez-vous ? Ne remarquez-vous rien d’étrange ? A peu de choses près vous ne verrez même pas la différence.
L’alimentation a subit la mondialisation au même titre que tous les autres secteurs. Vous pouvez aujourd’hui acheter le même paquet de chips partout dans le monde. Mais pourquoi une telle uniformisation ? Économie d’échelle et augmentation des bénéfices pour les entreprises de l’agro-alimentaire, uniformisation des consommations pour les consommateurs au détriment de la culture culinaire, de la santé, de la biodiversité.
Lorsque que l’on observe ces centaines de marques identiques d’un magasin à l’autre nous avons toutefois la sensation que notre argent va à un nombre aussi grand d’entreprises différentes. Et bien non : une grande majorité de ces marques appartiennent à une poignée d’entreprises. Mais où va donc réellement notre argent ?
Ces quelques entreprises sont à présent si grosses qu’elles détiennent un pouvoir politique dangereux. En 2015, Nestlé a réalisé 8,2 milliards d’euros de bénéfice : qui dit argent, dit lobbying dit pouvoir politique.
- Le cas de l’étiquetage des produits qui contiennent des organismes génétiquement modifiés aux États-Unis est un bon exemple. A l’heure d’aujourd’hui aucun consensus scientifique n’a été trouvé pour déterminer si oui ou non les OGM ont un effet néfaste pour la santé. En 2002, l’État de l’Oregon a lancé un projet de loi pour obliger les entreprises à indiquer les produits contenant des OGM. Un immense lobby représentant les géants de l’alimentation s’est dès lors formé et… Le projet de lois n’est jamais passé. En savoir plus
« On devient ce que l’on mange ». En d’autres mots : notre santé dépend en grande partie des aliments que nous consommons. Notre santé est donc dans les mains de ces quelques entreprises pour qui notre santé ne semble pas être une préoccupation majeure.
- Nestlé et le lait maternel en poudre. Une étude de l’OMS a démontré que l’utilisation du lait en poudre est responsable de la mort de 1.5 millions d’enfants par an dans les pays en développement. Malgré tout, Nestlé continue de faire la promotion de l’utilisation de son substitut au lait maternel même si la mère est en mesure et désire allaiter. En savoir plus
Cette mainmise d’un petit nombre de multinationales sur l’ensemble du marché alimentaire est un frein au développement de nouvelles entreprises. Les petits producteurs ne peuvent en effet pas rivaliser avec ces géants de l’agroalimentaire tant en termes de prix que de visibilité ou d’image…
Les conséquences de cette uniformisation sur la biodiversité est également alarmante. Selon la FAO, 75 % des variétés agricoles cultivées dans le monde ont disparu depuis 1900, et avec elles un patrimoine génétique d’une extrême richesse, notamment d’adaptation aux spécificités locales des sols. Ainsi, une seule variété de fraises occupe 80 % des surfaces mondiales consacrées à ce fruit (alors qu’on compte 1200 variétés de fraises sur la planète !).
Difficile de ne pas se sentir impuissant face à des multinationales qui disposent des budgets immenses et ont une forte influence politique. Mais les revenus et l’influence qui en découlent n’apparaissent pas par magie. C’est grâce à nos visites aux supermarchés, à nos choix dans les rayons, à notre portefeuille que ces multinationales détiennent ce pouvoir !
Bonne nouvelle ! Nous avons donc en main une arme redoutable : celle de pouvoir faire changer les choses rien qu’en changeant nos habitudes de consommation. Alors qu’attendons-nous, diversifions notre alimentation !
Pourquoi ?
· Pour répondre au différents besoins de mon organisme
· Pour offrir des débouchés directs aux petits producteurs, garants de notre patrimoine alimentaire
· Pour favoriser la biodiversité sauvage et agricole
Diversifier son alimentation, c’est donc lutter contre l’uniformisation imposée par le modèle agro-industriel qui accapare les ressources alimentaires mondiales. C’est offrir des débouchés aux petits producteurs, en favorisant les économies locales de nos régions et la biodiversité.
Comment ?
· Redécouvrir les fruits et légumes de variétés anciennes
· Favoriser les produits issus d’espèces et de races d’animaux diverses, rustiques dès que possible
· Privilégier les produits artisanaux issus de petites exploitations ainsi que les produits bruts frais, aussi souvent que possible, que je « transforme » moi-même en cuisinant
Tout au long du mois de novembre, SOS Faim vous invite à diversifier votre alimentation. Pour cela, nous vous proposons de nous suivre sur Facebook pour mieux comprendre pourquoi et comment diversifier son alimentation et ainsi lutter contre l’uniformisation imposée par le modèle agroalimentaire.
